Récemment, les ministres des Pays africains non producteurs de pétrole (PANPP) se sont réunis à Dakar pour trouver une solution à la dépendance et à la hausse des factures pétrolières. Le Sénégal, pour sa part, s’apprête à sortir de ce pétrin en mettant place une usine d’éthanol par la Css pour la production du carburant bio-éthanol.
Serait-ce le début de l’alternative énergétique au Sénégal ? Tout porte à le croire avec l’installation d’une distillerie par la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) pour produire de l’éthanol. L’éthanol ou alcool éthylique est tout simplement de l'alcool. C’est un liquide incolore miscible à l’eau en toutes proportions et produit par fermentation directe de sucres naturels. Il permet, en outre, de produire du carburant bio-éthanol, un carburant destiné aux moteurs à essence. En d’autres termes, l’éthanol va diminuer la dépendance au pétrole et assurer en même temps des débouchés aux productions agricoles.
Ainsi, la facture pétrolière du Sénégal pourrait connaître une baisse. Pour rappel, le Chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, lors de la réunion des ministres chargés de l’énergie des Pays africains non producteurs de pétrole (PANPP), le 27 juillet dernier à Dakar, faisait la promotion des bio-carburants pour faire face à la surcharge pétrolière. Si le projet de la Css, dont les premiers litres d’éthanol - environ 20 millions de litres par an - sont prévus en mai 2007, prend forme, le Sénégal sera le 2e pays africain après l’Afrique du Sud à se lancer dans la construction d’une usine de bio-éthanol pour ne plus dépendre du pétrole.
En plus, les moteurs des véhicules n’ont pas généralement besoin d’être modifiés si on ajoute seulement 10 % d’éthanol à l’essence. Seulement, à la différence du Sénégal, l’Afrique du Sud utilise le maïs à la place du sucre. Cependant, la Css rassure les consommateurs car la production de sucre ne sera pas perturbée. C’est la mélasse, ce résidu sirupeux qui, en plus de fournir du sucre, possède des vertus de carburant, de fuel et d’essence, qui sera utilisée par la société sucrière. De surcroît, la mélasse entre dans la fabrication d’aliments de bétail. Il paraît qu’elle augmente l’appétit des animaux et contribue à les faire engraisser.
D’autre part, le bio-éthanol ou « l’essence verte » offre de multiples avantages sur le plan environnemental par rapport à l’essence. Des chercheurs estiment que le remplacement d’un litre d’essence par un litre d’éthanol tiré de la biomasse permettrait d’éliminer de 70 % l’accumulation dans l’atmosphère de gaz à effet de serre plus toxiques.