Afrique Centrale : Cemac - l'industrie du sucre reprend du souffle Actualidade News Actualidad
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Le Quotidien Mutations (Yaoundé) - mardi 25 juillet 2006

Le président du groupement des professionnels du sucre (Gps) l'a dit en quelques mots

En marge de la cérémonie d'ouverture de la première réunion du comité de coordination et de suivi des politiques sucrières (Ccsps) en zone Cemac, qui se tient depuis hier, lundi 24 juillet à Douala, Louis Yinda, par ailleurs directeur général de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), a indiqué que "par rapport au début de l'année 2006, le marché s'est stabilisé parce que les cours du sucre sur le marché international ont évolué vers la hausse avec la crise du pétrole qui a eu un impact sur l'évolution des cours. Aujourd'hui, on assiste à une revalorisation des cours sur le marché international, ce qui a eu pour conséquence de réduire les importations frauduleuses parce que le sucre est devenu cher.

Le marché est donc aujourd'hui nettement plus favorable". En plus de cet avantage que les industries sucrières de la sous région bénéficient depuis le début de cette année, les producteurs de sucre de la Cemac ont une autre attente, à moyen terme. "Dans les quatre ou cinq prochaines années, il n'est pas impossible que l'Union européenne supprime les subventions sur les sucreries. Ce qui aura un impact positif, puisque ça permettra d'assainir le marché et de supprimer par voie de conséquence la concurrence déloyale que nous subissons avec ces subventions", soutient le directeur général de la Sosucam.

Par ailleurs, le constat favorable de la situation du marché du sucre pour cette première partie de l'année intervient au moment où les directeurs généraux des sociétés sucrières, les représentants des administrations douanières et du commerce des Etats de la Cemac, étudient le projet de règlement intérieur de l'organisation commune du marché du sucre. Ce règlement intérieur revêt une grande importance car après son adoption, "les membres du Ccsps pourront définir le plan d'approvisionnement communautaire du sucre sur la base d'un bilan ressources / emplois prévisionnels de la communauté, consolidé à partir des bilans nationaux qui prennent en compte les prévisions, par pays, de production de sucre de commercialisation sur les marchés domestiques ou communautaires d'exportation vers les marchés tiers d'importation officielles de sucres communautaires d'importations en fraude et des mouvements de stocks".

La rencontre de Douala qui s'achève ce mardi 25 juillet, devrait aussi consolider les mesures prises pour résoudre les problèmes de la filière parmi lesquels "les entraves à la libre circulation des produits intra-communautaires, c'est-à-dire les barrières tarifaires et non tarifaires, la lourdeur administrative, la contestation de l'origine des produits et les mesures de contingentements, la disparité de la protection tarifaire dans les six Etats, le phénomène de la fraude, la contrebande et la contrefaçon, le manque de politiques de gestion des excédents et des déficits sucrières".

En rappel, la demande en sucre de la Cemac est aujourd'hui estimée à 300 mille tonnes. Or, les sociétés sucrières des pays de la zone ne produisent qu'entre 200 et 240 mille tonnes. Un gap que ces sociétés espèrent combler d'ici quelques années, si l'ouverture des barrières annoncée en janvier 2008 ne s'accompagne pas d'un autre problème. Ainsi, pensent les producteurs, "il faut éviter que l'arrivée massive du sucre dont les objectifs ne sont pas tellement ceux de consommation, ne vienne aggraver la position des membres du Gps".