Biocarburant : L'ère des énergies alternatives Actualidade News Actualidad
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Le soleil - Senegal - mercredi 25 octobre 2006

L’annonce faite au début du mois d’août n’a laissé personne indifférent. Pour une raison toute simple : dans un contexte particulier, le renchérissement des prix du pétrole a fini par inquiéter les plus optimistes.

Le Sénégal entre t-il de plain-pied dans l’ère des énergies alternatives ? Au niveau de la Css, la question n’est pas aussi simple.

Selon l’ingénieur Mousa Loum, responsables des Produits neufs, l’idée du projet éthanol date d’un voyage effectué en 2004 au Brésil, un pays qui s’est lancé dans la production à grande échelle avec l’ambition de mettre sur le marché des véhicules marchant entièrement à l’alcool. Les avantages sont connus : c’est une énergie propre dont la combustion ne dégage pas de CO2 (le fameux dioxyde de carbone) ; elle est à bon marché et à l’abri des aléas du marché des hydrocarbures tenant à des déterminants géopolitiques. « À mon retour, j’en avais donc fait la proposition au directeur général de l’époque, mais ce n’est qu’en juillet 2005, avec la nouvelle équipe dirigée par M. Dabilly que le projet a pris forme », dit-il.

La réflexion aurait été ainsi engagée depuis janvier 2006, et un accord signé avec KBK Chem Engenieering, une société indienne spécialisée dans l’installation de distilleries d’éthanol. Et un expert a également été recruté en la personne de M. Claude Coffigny. M. Loum précise toutefois que cette production ne devrait nullement inférer sur les ambitions de la Css qui envisagent de porter sa production de sucre à 100 000 tonnes dès 2007, grâce à l’emblavement de 500 hectares supplémentaires.

C’est que deux options sont offertes dans le process de production d’alcool : à partir de la mélasse ou du jus de canne. « Pour une production toute l’année, on pourrait démarrer pendant la campagne qui va de novembre à juin en prenant comme matière première le jus de canne lequel se conserve moins longtemps, pour continuer avec la mélasse durant l’intersaison », commente l’ingénieur. « La mélasse pouvant être conservée pendant 2 à 3 ans, nous envisageons une production de 10 000 tonnes d’alcool par an », ajoute notre interlocuteur. Ces prévisions tiennent compte d’une capacité de broyage de 6 à 7 000 tonnes de cannes par jour et d’un stock de mélasse déjà disponible, après une production en 2006 de 37 000 tonnes pour 923 500 tonnes de cannes récoltées.

L’état des lieux pour évaluer les besoins dans la sous-région et au-delà a été fait afin de régler la question des débouchées. En attendant l’enthousiasme quant au nouveau virage que veut prendre la compagnie sucrière sénégalaise est quasiment partagé par tous les cadres de l’entreprise et, bien au-delà de l’usine et en dehors de Richard-Toll même, par de nombreux Sénégalais.