Cameroun : Conjoncture, production au rouge à la Nosuca Actualidade News Actualidad
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Le Quotidien Mutations (Yaoundé) - jeudi 26 octobre 2006

La société sucrière, qui fonctionne au plus bas de sa capacité, connaît des tensions sociales.

Les deux chaînes de production des Nouvelles sucrières du Cameroun (Nosuca), ont été à l'arrêt du début juillet au 9 septembre 2006. Malgré la reprise timide des activités, la situation de l'entreprise n'est guère reluisante. Encore que les indicateurs, selon des responsables s'exprimant sous anonymat, sont plutôt au rouge.

 Après avoir traité près de 20.000 tonnes de sucre en 2004 sur ses deux chaînes de production d'une capacité installée de 12.000 tonnes chacune, la Nosuca n'a fait, en tout et pour tout, que 6.000 tonnes en 2005, soit une baisse de régime de près de 75 %. Le bilan 2006 ne s'annonce pas sous un meilleur jour. D'autant moins que le chômage technique, qui pointe à l'horizon pour quelques-uns des 156 employés de la boîte, alourdit davantage le climat interne ; déjà perturbé par la baisse annoncée des salaires, ainsi que par la perte de certains avantages accordés aux cadres de l'entreprise.

Sorti de l'arrêt de juillet-septembre dernier, le président du conseil d'administration (Pca) de Nosuca, M. Mohamadou Abbo Ousmanou, après avoir expliqué la nécessité pour tous les membres de sa structure de poursuivre ensemble l'aventure, "dans le même climat de confiance, et dans l'optique de sauver les emplois et l'entreprise" sucrière, a décidé de réduire les salaires. En date du 13 septembre 2006, le Pca a en effet informé l'ensemble du personnel d'une réduction de 30 % des salaires des employés en service à l'usine, 30 à 50 % des salaires des membres du staff administratif de l'entreprise. "En plus, précise un haut cadre de Nosuca, plusieurs avantages seront bientôt supprimés".

Ces mesures qui, de l'avis de la direction générale de Nosuca, sont justifiées par la rupture des stocks de matières premières, et la santé financière de la société, "qui a perdu plus de 205 millions de francs Cfa depuis janvier 2006", sont considérées par les employés comme étant "une escroquerie". Ils en veulent pour preuve le fait d'être restés en chômage technique pendant trois mois (juillet-septembre 2006), sans paiement des droits y afférents. Le 9 octobre dernier, les employés ont d'ailleurs observé un arrêt de travail d'un jour, pour exprimer leur mécontentement. Des négociations engagées depuis lors pour ramener le calme et la sérénité au travail sont toujours en cours, avec des risques de rupture du dialogue signalés par certains délégués du personnel.

Pour justifier l'instabilité de la production et la tension de trésorerie que connaît actuellement la Nosuca, certains responsables de cette entreprises évoquent principalement les difficultés de ravitaillement. Ils parlent surtout de l'augmentation du prix de la matière première sur le marché mondial. Et pour cause, le Brésil, le principal producteur et fournisseur, a décidé de transformer localement sa production. Aussi, la Nosuca s'est-elle tournée vers la Sosucam, autre société sucrière, avec laquelle elle négocie en ce moment pour la fourniture du sucre. Une solution qui présente quelques avantages pour la Nosuca. "Parce qu'elle nous éviterait les droits de douanes exorbitants que nous payons à plus de 140 millions de francs Cfa, dont 80 millions de Tva", commente un responsable commercial de la société. Mais, les employés de la société voient en ce rapprochement avec la Sosucam, la volonté pour cette dernière de racheter sa rivale, comme cela se susurre de plus en plus à Douala.