Cameroun : deux réalisateurs français gardés à vue pendant une nuit Actualidade News Actualidad
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jeudi 21 avril 2011

Deux réalisateurs français et six Camerounais ont été arrêtés mercredi par la police lors du tournage d’un documentaire à Mbandjock (centre du Cameroun), avant d’être relâchés jeudi, au bout d’une nuit de garde à vue, a appris l’AFP auprès de l’une d’entre eux.

L’équipe tournait un documentaire dont "le thème est l’accaparement des terres par la Socucam (Société sucrière du Cameroun)", principal producteur de sucre au Cameroun, selon la réalisatrice Mélanie Barreau.

"Nous avons été arrêtés hier (mercredi) matin à Mbandjock. Nous étions en train de filmer le rassemblement des coupeurs de cannes", a-t-elle affirmé.

"Le procureur de la République a dit qu’il n’y avait pas lieu de nous garder mais qu’il fallait qu’on se tienne à la disposition du commissariat pour une confrontation avec la Sosucam", qui a porté plainte, a-t-elle ajouté.

Selon Mélanie Barreau, l’équipe de tournage avait payé "25.000 FCFA (38 euros)" à la Direction camerounaise de la Cinématographie qui lui avait indiqué que la quittance équivalait à "une autorisation provisoire" de tourner.

Certaines populations de Mbandjock accusent la Sosucam d’avoir pris leurs terres, sans indemnisations conséquentes, pour la culture de la canne à sucre.

Mélanie Barreau et Vincent Mercier, le deuxième réalisateur, étaient les principaux promoteurs d’un Festival international du film des droits de l’Homme qui devait se tenir à Yaoundé du 12 au 17 avril mais qui a été interdit le 11 avril par les autorités.

"Aucune demande d’autorisation n’a été adressée par l’association (...) dans les délais convenables au ministre de la Culture", a indiqué le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, cité jeudi par le quotidien d’Etat Cameroon Tribune.

Cités par la presse locale, les promoteurs ont affirmé avoir obtenu une autorisation du ministère de la Culture. Dans un communiqué, l’Union européenne qui a financé le festival à hauteur de 65.000 euros a exprimé son regret face à la décision de l’administration camerounaise, toujours selon la presse.