La campagne du deuxième semestre 2008 dénonce la situation alarmante des indiens Guaranis, premier peuple indigène du Brésil, dans l’Etat du Mato Grosso do Sul (MS), dont les emplois sous-qualifiés de coupeurs de canne sont désormais menacés par la mécanisation programmée du secteur sucre-éthanol.
L’ONG Sucre Ethique est à l’initiative d’une campagne qui sera mise en place le 15 septembre 2008.
Cette campagne dénoncera la situation alarmante des indiens Guaranis, premier peuple indigène du Brésil, dans l’Etat du Mato Grosso do Sul (MS), qui travaillent pour l’industrie agroalimentaire dans des conditions très dures, parfois même à l’état de semi-esclave, et dont les emplois sont désormais menacés par la mécanisation programmée du secteur sucre-éthanol.
La population Guaranis dans le Mato Grosso do Sul représenterait environ 42000 individus dont 83% des hommes en âge de travailler seraient coupeurs de canne à sucre, soit environ 13000 travailleurs. Le groupe français Louis Dreyfus, par le biais de sa filiale LDC Bioenergia, est le 1er employeur du secteur dans le MS et donc de ces amérindiens.
L’inauguration d’une nouvelle usine de sucre et d’éthanol dans le MS, pour un investissement de 430 millions de dollars, porte à huit le nombre d’usines détenues par le groupe au Brésil, toutes "situées de façon stratégique" dans le pays. Le Brésil, second producteur mondial d’éthanol derrière les Etats-Unis, a produit 18 milliards de litres en 2007 et en a exporté trois milliards de litres. Louis Dreyfus Commidities Bioenergia, l’un des principaux traiteurs de canne à sucre du monde, exporte son éthanol aux Etats-Unis, en Europe, en Corée et au Japon.
C’est la survie de la communauté toute entière qui est en jeu, car la mécanisation détruira la principale source de revenu des Guaranis.
A partir d’une demande rédigée par le Cimi (Conseil Missionnaire Indigène) et relayée par Sucre Ethique en France, un appel de la société civile devrait être lancé à l’entreprise Dreyfus concernant le premier peuple indigène du Brésil.
L’objectif de cette campagne et de permettre de sensibiliser l’entreprise en France, propriétaire pour le grand public métropolitain du club de football l’Olympique Marseillais et de la compagnie de téléphonie 9 télécom.
En mettant l’entreprise Dreyfus face à ses responsabilités en tant qu’employeur, cette campagne réclame une juste indemnisation des travailleurs, le soutien à des programmes de restauration environnementale sur les terres indigènes avec les partenaires sociaux locaux, la constitution d’un fond qui sera reversé à des activités de récupération de l’économie de production d’aliments sur les terres indigènes, le soutien à une agriculture familiale, et surtout l’accompagnement des politiques de mécanisation par des politiques sociales d’accès à l’emploi, directement liées au secteur ou indirectement, par une diversification de l’économie locale.
Cette campagne a le soutien de l’ICRA (Commission Internationale pour les droits des peuples indigènes), Fian France ainsi que de Peuples solidaires.