Côte d'Ivoire : Filière sucre - La fraude menace des emplois Actualidad News Actualidade
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Fraternité Matin - jeudi 14 février 2008

Bien malin qui pourrait certifier l'authenticité ivoirienne du sucre vendu en Côte d'Ivoire. Selon les travailleurs sucriers, la fraude gangrène le secteur et atteint un niveau moyen de 50 000 tonnes par an, soit le quart du marché national.

Au cours d'un point de presse, hier, à la Bourse du travail à Treichville, le Syndicat national des travailleurs sucriers a vivement dénoncé ce fléau et en a appelé à la vigilance des plus hautes autorités du pays sur « cette pratique de plus en plus grandissante ».

Au dire du porte-parole du Synatsuci, M. Oulaï Benoît, ce sont de véritables réseaux spécialisés dans l'importation frauduleuse du sucre à partir de certains ports de la sous-région, qui opèrent en usant d'un stratagème savamment pensé. « Dès que ces différents réseaux sont alimentés, ces acteurs d'une autre époque font recours aux anciens emballages Sucaf-CI et Sucrivoire pour camoufler la supercherie et acheminer tranquillement ce sucre sur Abidjan et les autres régions du pays », a révélé M. Oulaï. Ce sucre est réensaché dans des emballages contrefaits ou usagés de Sucaf-CI et Sucrivoire.

Béoumi, dans le centre du pays, serait la plaque tournante de ce trafic aux conséquences lourdes : mévente du sucre produit localement, sur-stockage de la production, risque de disparition des industries sucrières qui font vivre près de 350 000 personnes, licenciements, chômage, instabilité sociale, etc., s'est fait fort d'indiquer le porte-parole du Synatsuci. D'où cet appel qu'il lancera et au ministère de la Défense et à celui de l'Intérieur et à ceux du Commerce et de l'industrie et de l'Economie et des Finances : « Nous les invitons à plus de vigilance aux frontières et aux différentes voies d'entrée que peuvent constituer les voies routières, ferroviaires et les différents plans d'eaux de notre pays ».

Selon le Synatsuci qui regroupe les travailleurs de Sucaf-CI et Sucrivoire, le sucre de contrebande provient essentiellement du Brésil qui est à la recherche de débouchés pour ses excédents de production estimés à 18 millions de tonnes par an.

Cette contrebande n'est pas alimentée seulement à partir des ports africains d'entrée du Ghana et du Togo. Les contrebandiers tirent partie aussi des cargaisons de sucre en transit pour la sous-région dont « une partie est déversée après Yamoussoukro », note le Synatsuci.