Éthanol brésilien : des coûts humains souvent négligés
Ces décès s’ajoutent aux 83 000 accidents de travail qui ont eu lieu entre 2002 et 2005 dans ce secteur, dont près de 24 000 seulement en 2005.
La demande pour l’éthanol connaît un boom important, la production au Brésil ayant bondi de 22 % entre 2006 et 2007. Environ 15 % de cet éthanol est destiné à l’exportation, le reste étant consommé par les 3 millions de voitures sur les routes du pays qui peuvent carburer au E100 (100 % éthanol).
Les salaires dans le secteur de la canne à sucre sont deux fois plus élevés que ceux des travailleurs agricoles sans formation. Voilà qui explique pourquoi les travailleurs acceptent des conditions qui vont de difficiles à exécrables : chacun d’entre eux doit maintenant couper 12 tonnes de canne à sucre chaque jour. Cette production était de 6 tonnes il y a trente ans.
Outre l’effort physique, ces travailleurs doivent également vivre avec des maladies pulmonaires attribuables au fait que les champs de canne sont brulés avant d’être coupés, afin d’éliminer la végétation « inutile » et ainsi faciliter la coupe.
Plusieurs d’entre eux seraient affectés par la fibrose pulmonaire, qui aurait entraîné la mort de certains travailleurs selon le reportage de Bloomberg.
Alors que les États-Unis veulent multiplier par sept leur consommation actuelle d’éthanol d’ici 2017 (de 19 millions de litres à 132), l’intérêt pour l’éthanol n’est pas prêt de diminuer. Si l’éthanol à base de maïs est vertement critiqué pour son rendement énergétique modeste, l’éthanol brésilien semble pour sa part cacher une réalité qui n’est pas toujours rose pour ses travailleurs.