Journal l’Union - mercredi 23 février 2011
Depuis qu’elle a repris la Société sucrière du Haute Ogooué (Sosuho) en 1999, lors de sa privatisation, la sucrerie d’Afrique (Sucaf), qui n’a procédé à aucune augmentation du prix du sucre, supporte les charges relevant de l’Etat dans la petite bourgade de Ouélé, proche de Franceville, ou elle mène ses activités.
Dans une correspondance agressée au gouvernement, la direction générale de la société met en évidence le protocole d’accord signé le 18 mai 1998 entre les deux parties, qui stipule que « l’Etat gabonais s’engage à reprendre les charges publique supportées par Sucaf ». Les charges en question, selon le rapport, concernent deux volets. Pour les frais de fonctionnement, on note que Sucaf paie les salaires, assure les avantages en nature des agents de l’Education nationale, en même temps qu’elle s’occupe de l’hébergement et du transport des élèves.
Quant à la santé publique, il est relevé que la société s’occupe des salaires des infirmiers et ambulancier, des frais de médecins et des pharmaceutiques, etc. Elle est aussi présente dans l’entretien de la voie, la distribution de l’eau, la maintenance des installations d’électricité, sans omettre les frais logistique (logement, carburant, véhicules et autres) pour la brigade de gendarmerie.
S’y ajoutent les couts d’investissement pour les travaux de réhabilitation de la voie et du réseau d’eau et d’électricité. En somme, Sucaf s’occupe de tout, au-delà des ses propres missions économiques. « La situation est réelle, et compte tenu aussi d’autres contraintes sur la levée de la clause de sauvegarde du marché, le retour dans le droit commun, Sucaf avait souhaité que la reprise des charges par l’Etat soit effective en 2011.
Nous sommes en concertation avec les administrations concernée. Une mission doit se rendre dans quelques jours sur le terrain pour faire un état des lieux et évaluer l’ampleur des travaux », confie Félix Onkéya, secrétaire du Comité de privatisation, chargé du dossier.La solution idoine viendrait du ministère de l’Intérieur dans le traitement de la situation administrative et juridique de la bourgade de Ouélé. « La mutation d’Ouélé en commune ou en district résoudrait les problèmes y relatifs », indique une autre source administrative proche du dossier.
Une réunion destinée à l’examen des possibilités de reprise par l’Etat des charges publiques supportées par Sucaf s’était déjà tenue en aout 2010. Le souhait des responsables de la société est de voir ce dossier connaitre des avancées significatives. L’objectif de cette entité est la satisfaction du marché national en sucre. L’Usine a une capacité de 2500 tonnes de canne par jour pour un rendement moyen agricole de 64 tonnes de canne à l’hectare. La récolte, qui a lieu de juin à septembre, permet de produire environ 25000 tonnes de sucre dont 95 % sont destinés au marché intérieur.