La consommation mondiale du carburant est estimée de nos jours, à 84 millions de barils par jour (b /j). Celle-ci devrait grimper, selon le Département Américain d'Information sur l'énergie, à 121 millions b/j en 2025.
Pourtant, il sera impossible de répondre à une augmentation de la demande de près de 50% dans 20 ans. Pendant la dernière décennie le monde a consommé 24 milliards barils par an. Le responsable de la branche d'exploration de Total enseigne « un volume de 120 millions de barils par jour ne pourra jamais être atteint », parce qu'il n'y a pas assez de pétrole disponible.
Le Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI), Rodrigo de Rato, estime que le prix du baril devrait rester au dessus des 40 dollars, « ce qui accentue les risques de ralentissement de l'économie mondiale » a déclaré Rato dans le rapport 2006 « Perspectives de l'économie mondiale ».
C'est pourquoi, le numéro Un mondial du fer, la Companhia Vale do Rio Doce (CVRD), détenteur des droits miniers sur le fer et la bauxite, compte assister le Gouvernement Guinéen, en vue d'une autonomie énergétique avec une économie des devises, à travers des Biocarburants à base d'éthanol et d'huiles.
C'est une « Biocarburant-mania » qui est entrain de gagner le monde entier. Véritables concurrentes du baril de pétrole, les grandes puissances veulent contrer avec, déjouer la gourmandise des membres de l'organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et probablement les acteurs de l'organisation de coopération de Shangai (OCS) comprenant déjà la Chine et la Russie qui envisagent de coopter l'Iran, l'Inde et le Pakistan.
En France, le 7 juin dernier il a été installé un groupe de travail baptisé « Flex fuel 2010 » dirigé par l'ancien champion du monde de formule 1, Alain Prost. Selon « Ecofinance » du confrère Jeune Afrique (JA), sa mission est d'identifier une alternative « durable » et « crédible » au pétrole.
Aux Etats Unis, l'équipe de Georges W Bush issue du lobby pétrolier, a annoncé un programme de recherche de 150 millions de dollars US pour trouver le moyen de fabriquer de l'éthanol à partir du bois, pour que la première puissance du monde ne soit plus droguée par le pétrole moyen-oriental, rapporte JA.
La Chine, L'Afrique du Sud, la Malaisie et la Suède, poursuivent le développement de leurs capacités de production des Biocarburants. Volkswagen annonçait le 5 juin, qu'il ne produirait plus au Brésil que des véhicules capables de rouler indifféremment à l'essence ou à l'éthanol.
Le fondateur de Microsoft, Bill Gates, a placé 80 millions de dollars US dans un projet d'éthanol, tout comme Richard Branson, patron de Virgin, qui a créé une filiale, Virgin Fuel, et dépensera 300 millions de dollars US en trois ans, dans l'éthanol.
Ce carburant vert issu des végétaux, permettent de réduire l'émission des gaz à effets de serre, comme l'oxyde de carbone. On estime que l'utilisation de ces carburants d'origine végétale dans les moteurs des voitures et des camions, contribue entre 2,5 et 3,5 fois moins au réchauffement de l'atmosphère que l'essence ou le gazole, en plus des emplois agricoles à créer.
Les principaux producteurs des biocarburants éthanol (canne, betterave, maïs, blé) et qui est utilisé pur ou mélangé dans les moteurs à essence, sont les Etats-Unis et l'Afrique du Sud. Ce bio-carburant fabriqué à base d'huiles comme (colza, tournesol, palme soja, coprah, voire avec des huiles de friture) est mélangé au gazole et réservé aux moteurs diesels. Ce biodiesel a les faveurs de l'Europe, où l'Allemagne et la France sont les principaux producteurs.
Ces biocarburants ne représentent que près de 2% de la consommation mondiale actuelle car ils posent des problèmes encore mal résolus. Techniquement, les moteurs à essence et diesels acceptent environ 10 à 15% de biocarburants mélangés au carburant fossile sans transformation particulière.
Dans les vingt prochaines années, la dépendance de l'occident à l'égard des principaux pays producteurs du Golf, Iran, Irak, Koweït, Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unies, va pratiquement doubler, dans la mesure où la part de ces pays dans la production pétrolière mondiale passera d'un quart à près de la moitié, il y a des raisons pour un engouement Guinéen.