L'exportation du savoir-faire mauricien dans le secteur sucrier se poursuit. Un consortium local a obtenu le contrat pour la gestion d'une sucrerie en Ouganda. Il compte augmenter sa production sucrière de 50 %, soit 110 000 tonnes par an, d'ici quatre ans.
Le gouvernement ougandais avait lancé un appel d'offres pour la vente de 51 % des actions de Kinyara Sugar Works Ltd (KSWL). D'ici deux ans, les 49 % d'actions restantes connaîtront une nouvelle évolution. Environ 19 % seront mises en en vente à la Bourse des valeurs. 10 % seront vendues aux planteurs, 10 % aux employés et le reste à un autre organisme.
La décision du gouvernement ougandais s'inscrit dans son processus de désinvestissement dans les entreprises commerciales appartenant à l'Etat. Le gouvernement ougandais détenait jusqu'ici 100 % des actions de KSWL.
Plusieurs investisseurs ont montré de l'intérêt pour reprendre cette sucrerie ougandaise, tant au niveau des activités à l'usine qu'aux champs. Un groupe d'investisseurs a fait appel à BDO De Chazal Du Mée (DCDM) pour agir comme consultant afin de soumettre des offres à l'unité de privatisation du gouvernement ougandais.
DCDM a donc constitué un consortium comprenant la Société Usinière du Sud, Mon-Trésor Mon-Désert, et Forges Tardieu pour la soumission des offres. Trois autres compagnies étaient en lice pour le rachat de KSWL.
Une distillerie envisagée
Des représentants du consortium ont effectué deux visites en Ouganda pour la préparation du dossier. Un business plan a été élaboré pour réaliser ce rachat.
L'offre du consortium mauricien a été retenue. Les investisseurs concernés comptent racheter KSWL pour une somme avoisinant Rs 1 milliard (30 millions de dollars).
De plus, le gouvernement ougandais a confié au consortium la gestion de la sucrerie. Une délégation se rendra la semaine prochaine en Ouganda pour finaliser l'organisation de la reprise de la sucrerie et le contrat de management. Cette reprise devrait s'effectuer d'ici la fin de l'année.
Une douzaine de Mauriciens feront partie du nouveau management de KSWL, notamment le general manager, le directeur des finances, le factory manager, le responsable du garage et le directeur des ressources humaines. Elle emploie 1 800 travailleurs à plein temps, et 1 600 à temps partiel. Le personnel administratif est composé de 175 personnes.
"Des investisseurs ont fait confiance au savoir-faire mauricien dans la gestion d'une usine sucrière. C'est une preuve de plus que ce savoir-faire est reconnu mondialement", dit Georges Chung Ming Kan, partenaire de BDO DCDM.
Actuellement, KSWL produit 65 000 tonnes de sucre annuellement. D'ici quatre à cinq ans, la production devrait donc passer à 110 000 tonnes, selon le calendrier établi par BDO DCDM.
L'Ouganda est doté de seulement trois sucreries qui produisent annuellement environ 200 000 tonnes de sucre alors que la demande est de 236 000 tonnes. Les prévisions sont que la demande atteindra 320 000 tonnes en 2010.
"Ouganda a ouvert ses marchés aux investisseurs étrangers. L'usine KSWL est déjà profitable grâce à sa production actuelle. Avec les nouvelles cultures et les besoins de la population, nous pensons que nous pouvons accroître cette profitabilité", ajoute Georges Chung Ming Kan.
Le consortium mauricien compte également mettre sur pied une distillerie pour la production de rhum à travers l'utilisation de la mélasse afin de donner de la valeur ajoutée à ce produit. Il envisage aussi la fabrication d'autres produits.