Les agriculteurs indiens manifestent contre les prix gouvernementaux jugés trop faibles
Environ 50 000 planteurs de canne à sucre de l’Uttar Pradesh, le principal Etat indien producteur, ont manifesté hier à Delhi causant de nombreuses perturbations dans le centre ville. Les protestataires, aux cris d’« arrêtez de piller les fermiers », réclamaient l’augmentation du prix gouvernemental d’achat de la canne à sucre payé par les raffineurs, actuellement de 165-170 roupies (3,53-3,66 dollars) le quintal. « Les prix gouvernementaux sont trop bas. Nous ne vendrons pas à ce prix », clame Ishwar Singh, un des manifestants. « Nous demandons au moins 215 roupies », renchérit Anil Singh, le secrétaire général de la National Alliance of Farmers’ Associations, pour faire face à l’augmentation du coût du travail et du prix des intrants.
Le mouvement pourrait provoquer un nouveau retard dans le lancement de la campagne de raffinage prévu le mois dernier. Un nouveau retard amenerait l’Inde, le principal consommateur et le deuxième producteur de sucre, à réviser à la hausse le niveau de ses importations. Le recul de sa production, en raison de mauvaises conditions climatiques, a conduit le sous-continent à importer 5 millions de tonnes de sucre non raffiné et plus de 300 000 tonnes de sucre blanc cette année.
Les partis d’opposition, en soutien au mouvement de protestation, ont empêché la première journée de la session d’hiver du parlement. La réaction du gouvernement a été immédiate. Le Premier ministre, Manmohan Singh, a annoncé dans la journée, à l’issue d’une rencontre avec Rahul Gandhi, le secrétaire générale du parti du Congrès, que le mécanisme de prix pourrait être modifié. Une discussion s’est ensuite tenue avec les protestataires afin de trouver un compromis. Si aucun accommodement n’était trouvé, de nombreux agriculteurs risquent de se tourner vers d’autres cultures, telles le blé ou les oléagineux, plus rémunératrices.