Le parlement angolais vient d’approuver une nouvelle loi afin de réguler la production d’agrocarburants, de subvenir aux besoins énergétiques du pays d’Afrique du Sud-ouest et de développer son secteur agricole.
« Cette nouvelle loi va nous aider à attirer les investissements étrangers. C’est une étape historique pour l’Angola. Nous avons besoin de diversifier nos sources d’énergie », se félicite José Botelho de Vasconcelos, le ministre angolais du Pétrole. Pourtant deuxième producteur africain de pétrole derrière le Nigeria, l’Angola ne produit pas suffisamment de pétrole raffiné pour subvenir à ses besoins. Selon Botelho de Vasconcelos, plusieurs firmes étrangères seraient déjà prêtes à investir dans la production de sucre et de bioéthanol.
En 2009, la compagnie pétrolière Sonangol (Sociedade Nacional de Combustíveis de Angola), le géant brésilien de la construction Odebrecht et le groupe angolais privé Damer, via leur joint venture Biocom (Companhia de Bioenergia de Angola), ont commencé à planter 30 000 hectares de canne à sucre à Malanje dans la région de Cacuso dans le centre-nord du pays. Le projet, d’un coût de 258 millions de dollars, permettra de produire 30 millions de litres d’éthanol, 260 000 tonnes de sucre et 160 mégawatts-heure d’électricité par cogénération lorsque l’unité opèrera à pleine capacité en 2012.
Selon la nouvelle loi, les entreprises étrangères, qui investiront dans le pays, devront s’engager à vendre une partie de leur production à la Sonangol, pour la consommation locale. D’autre part, elles seront dans l’obligation de veiller à ce que les populations des régions exploitées aient accès à l’eau, aux ressources de base et aux soins médicaux.
Face à la peur que la production d’agrocarburants n’empiète sur les cultures vivrières, le ministre de l’Agriculture, Afonso Pedro Kanga, s’est montré rassurant : seules des terres marginales seront dédiées à la première, tandis que les terres les plus fertiles seront utilisées à développer l’agriculture. « Il n’y a pas d’incompatibilité entre production alimentaire et production d’agrocarburants », indique le ministre faisant ainsi allusion aux craintes de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) que les populations locales ne soient privées de l’accès à l’eau et à la nourriture. « Le gouvernement à travaillé dur pour développer l’agriculture afin de sortir des millions de personnes du milieu rural hors de la pauvreté », se réjouit Afonso Pedro Kanga.
L’Angola était un exportateur majeur de café, de bananes et de sucre avant que n’éclate la guerre civile, qui a duré 27 ans, suivant l’indépendance obtenue en 1975. La plupart des agriculteurs avaient alors déserté la campagne pour fuir vers la ville. Aujourd’hui, le pays importe la majeure partie des produits alimentaires nécessaires aux besoins de sa population, dont 100 % de son sucre.