La principale société sucrière du Burkina Faso suspend ses activités sous la pression des travailleurs Actualidade News Actualidad
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African manager - mercredi 15 juin 2011

Les activités de la Nouvelle société sucrière de la Comoé (SN-SOSUCO) sont suspendues pour deux mois minimum et le personnel mis en chômage technique, annonce un communiqué de la direction générale de l’entreprise, ce mardi.

Cette décision de l’usine fait suite à une vague de contestations des travailleurs depuis février dernier qui a abouti le 8 juin 2011 à l’incendie de deux villas des cadres de la société par les travailleurs mécontents et au blocage de la route nationale 7 à deux reprises entre Banfora (siège de la société) et Bobo-Dioulasso, longue de 85 km.

Depuis sa privatisation en 1998, la SN-SOSUCO vit une tension qui a abouti, le 28 août 2010, à une première grève des travailleurs, suite à l’application d’un nouveau statut du personnel.

Cette tension serait partie, de l’avis du secrétaire général du comité de la Confédération générale du travail du Burkina (CGTB), section SN-SOSUCO, Abdoulaye Tiala, de l’application d’un nouveau statut du personnel par la direction générale de la société sans en informer les délégués du personnel et des responsables syndicaux.

Le directeur général adjoint de la société, Moctar Koné, a expliqué pour sa part que c’est en juillet 2010 que le personnel connaît un changement dans le traitement salarial, car l’entreprise a décidé de se retirer du statut du personnel qui existe depuis le temps où elle était une société publique.

Qualifiant l’ancien statut de complètement "obsolète" et ne pouvant régir une société privée moderne, M. Koné a fait remarquer que son entreprise voulait ainsi appliquer les textes de la convention interprofessionnelle et les lois du travail du Burkina Faso, notamment le code du travail.

Selon les syndicats, l’application du nouveau statut a fait redescendre des travailleurs au premier échelon de leur catégorie, d’autres ont vu une partie du salaire de base considérée comme sursalaire.

Les responsables syndicaux ont aussi souligné que les heures supplémentaires des travailleurs sont calculées sur la base de ce nouveau salaire de base, inférieur à celui d’avant, ce qui désavantage les travailleurs qui se voient par ailleurs bénéficier d’un avancement, mais sans incidence financière.

Outre l’application d’un nouveau statut, les responsables syndicaux dénoncent les départs " forcés" à la retraite. "Les travailleurs qui refuseraient ces départs sont licenciés sans droits à la moindre petite faute", ont laissé entendre les responsables syndicaux.

Avec plus de 3 700 travailleurs, dont 1 456 permanents, la SN-SOSUCO représente une masse salariale de plus de 3, 9 milliards de FCFA par an au titre des contributions fiscales diverses et participe aux ressources fiscales de l’Etat burkinabé à hauteur de 3 milliards de FCFA par an.

Malgré ces acquis, la société reste confrontée depuis un certain temps à la mauvaise gestion et à la fraude des commerçants indélicats qui mettent en péril la vie de ce fleuron de l’industrie burkinabé.

Les positions étant inconciliables depuis l’application des nouveaux textes, les travailleurs se sont résolus à se faire entendre par une série de grèves en répondant à l’appel du Collectif des organisations syndicales de l’entreprise.

L’échec des multiples médiations initiées par le patronat burkinabé fait craindre à l’issue du bras de fer qui oppose travailleurs et direction générale, une perte pour la société de 3000 tonnes de canne à sucre dans les champs.

Après 9 mois d’intenses négociations, le directeur général, Didier Vandenbon, qui dit craindre pour sa vie, s’est réfugié à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays depuis le 6 juin, parce que les travailleurs demandent outre son départ à la tête de l’unité, celui de cinq de ses collaborateurs.

Les travailleurs exigent également l’arrêt de la sous-traitance, le retrait des protocoles individuels signés et l’arrêt des départs négociés