Le Brésil en campagne pour réhabiliter ses biocarburants Actualidade News Actualidad
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Libération - samedi 22 novembre 2008

Energie. Critiqué, le président Lula se cherche des alliés.

Leader mondial de l’éthanol, le Brésil a lancé une offensive diplomatique en faveur de la réhabilitation des biocarburants. Pour leurs détracteurs, ces carburants d’origine agricole mettent en péril les écosystèmes et la sécurité alimentaire. Pour Brasilia, ils sont un « vecteur de développement durable », thème de la conférence internationale qui s’est tenue cette semaine à São Paulo et que le président Lula a clôturée vendredi.

Alors que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) accuse les biocarburants d’avoir contribué à la flambée des denrées alimentaires au printemps, Lula s’entête à répéter que « ce n’est pas vrai ». Pour l’expert américain Paul Roberts, cette conférence était une « grande opération de publicité » par laquelle le Brésil cherchait à répondre aux critiques qui menacent ses exportations.

Dans l’entourage de Lula, on affirme que l’expansion de la canne à sucre au Brésil, dont l’éthanol est tiré, n’a pas mis en péril la production agricole - qui a même augmenté - et qu’il n’y aurait rien à craindre pour l’Amazonie. Brasilia prépare un zonage pour empêcher l’expansion, détectée par une agence gouvernementale, de la culture de la canne dans la forêt. Les ONG, qui tenaient un séminaire parallèle, ont rappelé, elles, les conditions de travail déplorables des coupeurs de canne.

L’offensive du président Lula visait aussi les pays d’Afrique et d’Amérique latine que le Brésil veut encourager à produire et consommer des biocarburants. C’est l’un des objectifs du mémorandum de coopération signé en 2007 entre le Brésil et les Etats-Unis, les plus grands consommateurs d’éthanol. Brasilia et Washington ont annoncé, jeudi, que cinq pays, dont le Sénégal et le Honduras, avaient rejoint cette coopération.

Le représentant de l’Allemagne a pour sa part appelé les pays consommateurs et producteurs à trouver « un consensus sur les critères » sociaux et environnementaux sur la production de biocarburants. Un thème qui promet d’opposer le Nord au Sud. Les biocarburants dits de seconde génération, qui ne font pas concurrence aux cultures vivrières, devraient faciliter les choses mais ils ne sont pas au point. Les Etats-Unis estiment pouvoir mettre sur le marché un éthanol de cellulose en 2012.