Pour mémoire, la demande en sucre de la CEMAC est aujourd'hui estimée à 300.000 T.
En marge de la cérémonie d'ouverture de la 1ère réunion du Comité de coordination et de suivi des politiques sucrières (CCSPS) en zone Communauté Economique et Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC), qui se tient depuis le 24 juillet 2006 à Douala, dans la capitale économique du Cameroun, le président du Groupement des professionnels du sucre (GPS), Louis Yinda, a indiqué que « par rapport au début de l'année 2006, le marché s'est stabilisé parce que les cours du sucre sur le marché international ont évolué vers la hausse avec la crise du pétrole qui a eu un impact sur l'évolution des cours ».
« Aujourd'hui, on assiste à une revalorisation des cours sur le marché international, ce qui a eu pour conséquence de réduire les importations frauduleuses parce que le sucre est devenu cher. Le marché est donc aujourd'hui nettement plus favorable », a-t-il ajouté.
En plus de cette conjoncture favorable, les producteurs de sucre de la CEMAC ont une autre attente, à moyen terme. « Dans les quatre ou cinq prochaines années, il n'est pas impossible que l'Union européenne supprime les subventions sur les sucreries. Ce qui aura un impact positif, puisque cela permettra d'assainir le marché et de supprimer par voie de conséquence la concurrence déloyale que nous subissons avec ces subventions », soutient le président du GPS.
Par ailleurs, ce constat intervient au moment où les directeurs généraux des sociétés sucrières, les représentants des administrations douanières et du commerce des Etats de la CEMAC étudient le projet de règlement intérieur de l'organisation commune du marché du sucre. Ce règlement intérieur revêt une grande importance car après son adoption, les membres du CCSPS pourront définir le plan d'approvisionnement communautaire du sucre sur la base d'un bilan ressources/emplois prévisionnels de la communauté, consolidé à partir des bilans nationaux qui prennent en compte les prévisions, par pays.
La rencontre de Douala devrait aussi consolider les mesures prises pour résoudre les problèmes de la filière parmi lesquels les entraves à la libre circulation des produits intra-communautaires, c'est-à-dire les barrières tarifaires et non tarifaires, la lourdeur administrative, la contestation de l'origine des produits et les mesures de contingentement, la disparité de la protection tarifaire dans les six Etats, les phénomènes de la fraude, la contrebande et la contrefaçon, le manque de politiques de gestion des excédents et des déficits.
Pour mémoire, la demande en sucre de la CEMAC est aujourd'hui estimée à 300.000 T. Or, les sociétés sucrières des pays de la zone ne produisent qu'entre 200.000 et 240. 000 T. Un gap que ces sociétés espèrent combler d'ici quelques années, si l ‘ouverture des barrières annoncée en janvier 2008, ne s'accompagne pas d'autres entraves.