Les investissements brésiliens ont permis aux betteraviers du français Tereos de récupérer de confortables plus-values.
DANS le top ten des coopératives françaises, Tereos se classe à la 4e place avec près de 14 000 agriculteurs exploitants pour un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros. Cette structure capitalistique n'a jamais été un frein au développement de ce groupe, deuxième acteur européen derrière l'allemand Sudzucker et troisième mondial. Depuis que Tereos a racheté Beguin Say en 2003, son endettement s'est forcément alourdi pour s'élever aujourd'hui à 870 millions d'euros. Le développement au Brésil a été financé sur les fonds propres des 14 000 agriculteurs qui, en 2000, ont fait un chèque de 40 millions de dollars pour la création d'une société à 50-50 avec le leader brésilien Cosan. En 2005, Cosan s'est introduit en Bourse. Tereos en a profité pour échanger sa participation dans cette société commune contre 6 % dans le holding de tête de Cosan. Au passage, les actionnaires de Tereos empochaient une plus-value de 160 millions de dollars. Changer de braquet En France, les betteraviers sont aussi sollicités pour l'extension des sites de production. L'agrandissement de l'usine d'Origny-Sainte-Benoîte dans l'Aisne en vue de la production de 3 millions d'hectolitres d'éthanol a été financé par un appel de fonds des agriculteurs qui ont investi en moyenne l'équivalent d'une année de récolte de betteraves. « Pour cette usine nous avons dû refuser des financements dans la mesure où nous avons eu plus de financements que de besoins », souligne-t-on à la direction du groupe. Mais l'accélération des développements au Brésil ainsi que des perspectives de développement en Europe de l'Est conduisent Tereos à changer de braquet. « Nous réfléchissons à la possibilité de réunir nos actifs éthanol sous une entité, Tereos Énergie, qui pourrait être cotée sur les marchés parisiens », indique Philippe Duval. Le sucre reste toutefois l'activité principales du groupe (80%).