Plusieurs institutions qui offrent divers services dans le secteur sucrier sont menacées de fermeture. Les syndicats des employés s’élèvent contre une telle éventualité qui entraînera des pertes d’emplois
Le front commun des syndicats des employés des différentes institutions de service du secteur sucrier ont tenu une conférence de presse ce jeudi 26 mai pour évoquer la menace de fermeture qui pèserait, selon lui, sur des entreprises de service comme la Mauritius Sugar Authority, le Mauritius Sugar Industry & Research Institute (MSIRI), la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation et la Mauritius Sugar Terminal Corporation.
Pierre Noël Mootoosamy, président de la Mauritius Suger Terminal Corporation Employees Union, est revenu sur une réunion convoquée récemment par Chettandeo Bhugun, le Permanent Secretary par intérim du ministère de l’Agro-industrie et à laquelle ont participé les employés de diverses institutions.
« Lors de cette réunion, Il nous a parlé de la réduction du CESS, qui passe de Rs 630 millions à Rs 287 millions de juins 2011 à mars 2012. Ce qui entraîne une réduction du budget annuel de 50% de ces entreprises qui offrent des services dans le secteur sucrier », a déclaré Pierre Noël Mootoosamy. Les syndicats des employés comptent présenter un plan de reforme pour ces entreprises paraétatiques.
Jack Bizlall, le négociateur de ce front commun, est quant à lui très remonté contre l’approche adoptée par le gouvernement. Une approche qui pourrait entraîner des licenciements massifs, selon Bizlall. Pour le syndicaliste, au lieu de fermer la Mauritius Sugar Authority, il faudrait plutôt la transformer en un organisme national qui s’occuperait non seulement du sucre, mais aussi de l’agro-industrie, de l’éthanol, de la bioénergie et de la production alimentaire. Pour cela, précise-t-il, il faudra restructurer cette corporation et recruter des techniciens.
Pour le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI), il soutient qu’un Mauritius Food & Agriculture Bio Energy Research Institute serait plus adapté à la nouvelle donne et à l’intérêt du pays.
Toujours selon Jack Bizall, la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation devra aussi s’ouvrir à l’agriculture en général, pour devenir une Land Development Corporation. « Il est important qu’on se consacre sur les productions agricoles et qu’on renégocie notre accord avec l’Europe. Et ainsi, on pourra aussi venir en aide aux petits planteurs de la canne et autres fermiers qui sont impliqués dans d’autres cultures », a-t-il souligné.
Le Front commun pense qu’il y a aussi un avenir pour le Bulk Sugar Terminal. « Malgré la mutation intervenue dans l’exportation des différents types de sucre, les silos pourront servir d’entrepôts pour stocker les produits agricoles entre autres », estime le Front commun syndical.
De plus, il met en garde les directeurs de ces entreprises paraétatiques qui souhaitent adopter « une politique opportuniste » qui leur permettrait d’obtenir une grosse compensation financière en cas de fermeture, sans penser aux licenciements en masse que cela entraînerait pour les employés.
Le Front commun compte réunir le maximum de syndicats concernés par l’industrie sucrière, et tiendra une assemblée générale avec les travailleurs des corporations concernées dans deux semaines. Les syndicats ont déjà soumis une série de propositions dans une lettre adressée au Permanent Secretary du ministère de l’Agro-industrie, le 16 mai dernier.