Plaidoyer de la BID en faveur des biocarburants en Amérique latine Actualidade News Actualidad
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Le MOCI - mercredi 6 août 2008

Dans un contexte de polémique mondiale sur les conséquences du développement des biocarburants, le président de la Banque interaméricaine de développement (BID) , Luis Alberto Moreno, a publié fin juillet dans plusieurs grands quotidiens latino-américains un article expliquant pourquoi cette institution avait décidé de s’engager à fond dans la promotion des biocarburants en Amérique latine.

Luis Alberto Moreno fait la distinction entre « bons » et « mauvais » biocarburants. Il défend la production d’éthanol à partir de la canne à sucre en raison de son haut rendement énergétique dans les pays tropicaux disposant de réserves d’eau et de terres. En revanche, selon lui, la production d’éthanol à partir de maïs ne se justifie pas en raison de son faible rendement énergétique et de la limitation des surfaces cultivées dans les pays à climat tempéré. En clair, le développement de l’éthanol est justifié au Brésil ou en Colombie ; il ne l’est pas dans les pays industrialisés.

De fait, la BID finance le développement des biocarburants au Brésil. Elle a approuvé le 23 juillet dernier un prêt de 269 millions de dollars pour la construction de trois nouvelles usines de fabrication d’éthanol dans ce pays. Le coût total de ces projets est estimé à un milliard de dollars.

Le Brésil, un cas à part
Le président de la BID reconnaît que “les biocarburants ne peuvent satisfaire qu’une petite partie des besoins mondiaux en énergie et que dans beaucoup d’endroits il ne s’agira pas d’une bonne option ». Mais il conclut que dans les pays qui disposent des conditions idéales pour leur production tout en respectant l’environnement, la production doit être appuyée. La BID y contribuera en Amérique latine.

Que faut-il en penser ? Le Brésil a lancé son programme d’éthanol il y a plus de trente ans, lors du premier choc pétrolier. Actuellement 90 % des voitures vendues sont équipées du moteur « flex » qui permet de fonctionner avec de l’alcool pur ou de l’essence. Six millions de véhicules, soit 23 % du parc, sont d’ores et déjà équipés. En outre, le Brésil dispose d’une puissante industrie locale de l’éthanol et de terres encore vierges (hors Amazonie) pour développer ses surfaces cultivées.

L’expérience brésilienne est une réussite, mais peut-elle pour autant être transposée ailleurs avec succès ? Beaucoup d’experts estiment en fait qu’en matière de biocarburants le Brésil est un cas à part. Pour preuve, la production d’éthanol est très limitée en Amérique latine et seule la Colombie a réussi à développer une production d’éthanol significative (275 millions litres en 2007). Mais celle-ci est encore très faible par rapport à celle du Brésil : 26,7 milliards de litres devraient y être produits en 2008.