L’Union Européenne et le Brésil ont signé le 14 juillet 2010, à Brasilia, un accord ayant pour objet le développement d’agrocarburants sur des terres fertiles du Mozambique. Il s’agit en effet de fournir le carburant, agroéthanol et agrodiésel, pour le parc automobile européen qui doit fortement développer ce type de consommation d’ici 2020.
De nombreuses ONG, comme les Amis de la Terre, s’insurgent contre cette décision qu’elles jugent immorale, dans un pays d’Afrique qui connaît très régulièrement des famines.
Cet accord qui prévoit en effet de développer les agrocarburants au Mozambique pour fournir les carburants des véhicules européens semble d’autant plus étrange qu’actuellement toute la recherche scientifique sur les agrocarburants s’orientent vers des biocarburants de deuxième génération -des produits qui n’utiliseront plus des cultures de denrées alimentaires, mais des déchets organiques ou des résidus de la sylviculture.
Après avoir provoqué un engouement dans les années 2000, les agrocarburants traditionnels n’ont plus la cote. Le biodiesel fabriqué à partir d’oléagineux (colza, soja) et l’éthanol tiré de cultures sucrières (betteraves, cannes à sucre) ou céréalière (maïs) sont sujets à de vives critiques. A grande échelle, leur mode de production encouragerait la déforestation et se ferait au détriment des cultures alimentaires, favorisant la hausse des prix des denrées de base.
Aujourd’hui, les biocarburants deuxième génération paraissent plus prometteurs. Ils sont fabriqués à partir de plantes non alimentaires à croissance rapide utilisées dans leur intégralité (feuilles, tiges, troncs). L’idée est de casser les molécules ultrasolides de lignocellulose, présentes dans toutes les cellules végétales, et d’en extraire la cellulose (polymère du sucre) qui permet de fabriquer l’éthanol par fermentation. L’impact environnemental s’avère plus limité. Mais pas de miracles. Même avec ces nouveaux procédés, il faut encore de larges superficies de terre.