Sierra Leone : un parti d'opposition demande l'annulation d'accords fonciers Actualidade News Actualidad
Le sucre à travers le monde →

AFP - jeudi 30 juin 2011

FREETOWN - Un des principaux partis de l’opposition sierra-léonaise a réclamé mercredi du gouvernement l’annulation d’accords autorisant des multinationales à utiliser des terres agricoles, estimant qu’ils mettaient en danger les moyens de subsistance des paysans.

Notre parti est très préoccupé par la manière dont le gouvernement est en train de laisser une vaste région de notre pays aux multinationales. (...) Nous exigeons que le gouvernement annule ces accords et nomme des comités locaux pour superviser la cession de terres à la communauté, a déclaré à la presse le porte-parole de l’Alliance nationale démocratique (NDA), Mohamed Bah.

Le 17 juin, le groupe suisse Addax et Oryx, spécialisé dans l’énergie, a annoncé avoir signé avec les autorités sierra-léonaises un accord pour un projet de production de biocarburant en Sierra Leone.

Ce projet, d’un coût de 258 millions d’euros, implique le développement de plantations de canne à sucre près de Makeni (centre du pays), la construction dans la zone d’un complexe industriel de production d’éthanol à partir de la canne ainsi que d’une centrale électrique sur quelque 50.000 hectares de terres louées à des paysans.

D’après nos archives, 10% des 5,4 millions d’hectares de terres arables, qui se prêtent à l’agriculture, ont été cédés à des investisseurs étrangers et nous ne voudrions pas voir un autre Zimbabwe dans cette partie du monde, a dit M. Bah, en référence à la politique foncière controversée dans ce pays d’Afrique australe.

En 2000, le président zimbabwéen Robert Mugabe a lancé une réforme agraire controversée, qui a conduit au départ dans la précipitation et la violence de plus de 4.000 fermiers blancs. Les effets de cette réforme et des périodes de sécheresse ont fait chuter la production agricole au Zimbabwe, qui était auparavant un grenier à céréales d’Afrique australe.

La question de la terre est une préoccupation sérieuse pour les droits humains, puisque la plupart des gens dont les terres ont été prises sont des paysans et ils ont besoin de la terre pour leur subsistance, selon M. Bah.