Le gouvernement du Burundi a attribué le monopole du commerce de gros du sucre produit dans le pays à six personnes, toutes membres du parti présidentiel, a-t-on appris lundi de sources concordantes.
Il s'agit de deux députés, deux sénateurs et deux militants du parti issu de l'ex-principale rébellion des Forces pour la défense de la démocratie (FDD), le Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD).
"Ce n'est pas étonnant", a estimé la ministre du Commerce, Denise Sinankwa, lors d'une conférence de presse à Bujumbura. "Le parti qui a gagné les élections est majoritaire dans le pays, et on trouve ses membres partout, dans les églises, les marchés et dans le commerce", a-t-elle ajouté.
"Si les personnes nommées font partie du CNDD-FDD, où est le mal ? L'important est qu'elles remplissent les conditions exigées et qu'elles fassent correctement leur travail", a-t-elle insisté, sans donner plus d'explications sur ces conditions.
Après douze ans de guerre civile, le Burundi, petit pays d'Afrique centrale, a réussi une transition politique entamée en novembre 2001 qui a abouti le 19 août 2005 à l'élection du président Pierre Nkurunziza, issu du parti CNDD-FDD. Celui-ci a fait de la lutte contre la corruption une de ses principales priorités.
Le Burundi produit en moyenne 20.000 tonnes de sucre par an, selon le ministère du Commerce. Jusqu'ici, ce commerce de gros était entre les mains de 154 commerçants "qui se sont montrés incapables de distribuer convenablement le sucre", selon la ministre. Le sucre manque souvent sur le marché burundais, en raison d'exportations clandestines vers les pays voisins, selon des sources concordantes.