Le cimetière de la ville est saturé. Le taux de mortalité de la population est tel que les autorités municipales se voient obligées d’en construire un nouveau.
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L’une des dernières tombes a été occupée le 9 avril dernier par le corps d’Hermógenes Martínez, ancien ouvrier de la canne à sucre, qui a enduré sans se plaindre les douloureux symptômes de l’insuffisance rénale chronique (IRC), une maladie qui décime les habitants de cette région. Martínez a travaillé du lever au coucher du soleil pendant trente ans, occupant différents emplois à la sucrerie San Antonio, fondée en 1890 et qui appartient à l’influente famille Pellas, propriétaire d’un conglomérat d’entreprises qui comprend notamment BAC Credomatic Network, le plus grand réseau financier d’Amérique centrale. Cette centrale sucrière produit 80 % des exportations de sucre nicaraguayennes vers les Etats-Unis. D’après les chiffres du centre de santé du village, la crise s’aggrave : on dénombre 2 000 patients atteints d’IRC, dont l’espérance de vie ne dépasse pas dix ans. Le nombre de travailleurs qui souffrent de cette maladie est si élevé que, il y a trois ans, l’Assemblée nationale du Nicaragua, sous la pression des paysans, a adopté une loi faisant de l’insuffisance rénale chronique une maladie professionnelle. Le Dr Reyes, un néphrologue employé par le ministère de la Santé du Nicaragua, a expliqué au Nuevo Herald que les organismes de santé, les universités du pays et les centrales sucrières ont réalisé une vingtaine d’études qui se limitent à décrire la maladie, sans jamais remonter aux causes. Les paysans n’ont guère la possibilité de trouver un autre travail. Les sucreries sont les principales sources d’emploi de la région. |